Le Conseil d’État a suspendu mardi la relégation en Ligue 2 d’Amiens et de Toulouse, et rejeté le recours introduit par Lyon qui exigeait de reprendre la saison 2019-2020, validant le classement final décidé par la Ligue de football professionnel. Le Conseil d’État valide dans un même temps la fin de la saison et le classement.
La cour administrative suprême a donné raison aux clubs d’Amiens et de Toulouse, qui contestaient une rétrogradation « arbitraire » et « injuste », alors qu’il leur restait neuf journées à disputer pour tenter de se maintenir sur les terrains.
Jean-Michel Aulas débouté et mis à l’amende.
Mais pour Lyon, qui réclamait la reprise de la saison ou, à défaut, une « saison blanche » reconduisant les qualifications européennes de l’année précédente, c’est une défaite. Le juge a validé la décision d’arrêter le Championnat actée par le Conseil d’administration de la LFP le 30 avril et son classement final. Le Conseil d’État en a rajouter une couche en condamnant le club lyonnais à verser 3000 euros à la LFP au titre des frais de procédure.
Revenons à notre sujet principal, le Conseil d’Etat précise: « La décision de procéder à un classement des Championnats de Ligue 1 et de Ligue 2 n’entraîne pas nécessairement, par elle-même, la relégation en Ligue 2 des deux derniers du championnat de Ligue 1, non plus, d’ailleurs, que l’accession en Ligue 1 des deux premiers de Ligue 2 ». Et il précise que la relégation des deux clubs entraîne aussi une « atteinte grave et immédiate » à leurs intérêts.
Cette décision risque de chambouler le football français, alors que le président de la FFF Noël Le Graët s’était attelé à faire respecter les montées et les descentes dans chaque division, en professionnel comme en amateur.
Beaucoup de fantasme de supporteurs messin ont donc resurgis sur une probable non montée des Lensois en Ligue 1. Autant la décision des descentes peut ouvrir un débat, autant celle des montées est gravée dans le marbre et occasionnerai encore des recours des clubs concernés, ce qui ralentirai et brouillerai la nouvelle saison de football.
La balle est désormais entre les mains de la LFP et la FFF.
La Fédération française de football est sortie du silence. Dans un communiqué, la FFF dit prendre acte des décisions du Conseil d’Etat. « La Fédération française de football prend acte de l’ordonnance du juge des référés du Conseil d’Etat rendue ce jour qui valide le principe d’arrêt des championnats et les modalités du classement par la LFP en raison de la situation sanitaire et des recommandations du gouvernement. La FFF prend également acte de la demande du Conseil d’Etat d’examiner en lien avec la LFP la question du format de la Ligue 1 pour la saison 2020-2021 d’ici au 30 juin 2020.
Il doit réexaminer le format de la prochaine saison de L1. Au coeur du débat, la convention qui lie les deux instances et qui écarte, pour la saison 2019-2020, la possibilité d’un Championnat à 22. « La convention actuellement en vigueur, qui prend fin le 30 juin 2020, ne régit pas la saison 2020-2021 » et « ne sera plus applicable pour la saison 2020-2021 », précise le juge.
Même problématique au niveau amateur
Le fait que la demande d’Amiens et Toulouse ait été approuvée par le Conseil d’Etat intéressera les clubs des niveaux inférieurs amateurs. Une trentaine d’entre eux ont également déposé auprès de la juridiction des recours contestant les modalités de classement final des championnats et le maintien des relégations décidés, le 16 avril, par le comité exécutif de la Fédération de football, dont relèvent les compétitions amateurs. Leurs demandes ont été examinées par le Conseil d’Etat lundi.
Suspendre la relégation d’Amiens et de Toulouse revient à remettre en cause la politique du président de la FFF, Noël Le Graët, qui a affirmé vouloir conserver, malgré la crise actuelle, le principe de montée et de descente dans tous les championnats.
Ne pas procéder à des relégations « contient une sorte d’incohérence sportive » qui, par ailleurs, « aurait bouleversé la pyramide des compétitions », a ainsi justifié Loïc Poupot, l’avocat de la FFF lundi lors de l’audience au Conseil d’Etat.






