Depuis la nouvelle de la renégociation des droits TV voulu par Mediapro, la question est posée. C’est toute l’économie du football français qui risque de grandement souffrir de la baisse des droits TV et surtout la crise sanitaire qui perdure et ne permet pas aux clubs de maximiser les gains les jours de matchs ou pendant la semaine pour les propriétaires des stades dont le FC Metz qui mise sur sa nouvelle tribune Sud pour augmenter ses rentrées d’argents tout au long de l’année.

Que se passe-t-il avec Mediapro?

Pour rappel, le groupe espagnol, principal diffuseur du championnat de France, a annoncé vouloir renégocier le montant des droits de la Ligue 1. Mediapro veut revoir les termes du contrat passé avec la Ligue de football professionnel, estimant que la saison en cours est largement « affectée par le Covid-19 ». La ligue, qui redistribue le montant des droits TV aux clubs, lui a opposé une fin de non-recevoir et souhaite être payée. Elle a par ailleurs refusé à Mediapro un délai de paiement pour un versement devant intervenir le 5 octobre. Le litige porte sur un montant de 172 millions d’euros. Pour rappel, il est prévu que le groupe espagnol s’acquitte de près de 800 millions par an auprès de la LFP, de 2020 à 2024.

Les clubs professionnels français ont été percutés par la crise sanitaire, et ont vu leurs finances plombées par l’arrêt des compétitions à partir du mois de mars. Parmi les cinq grands championnats, la Ligue 1 a été la seule à ne pas terminer la saison 2019-2020, impliquant un déficit de compétitivité pour les clubs tricolores par rapport à leurs concurrents européens.

Pour le combler, la LFP a contracté un Prêt garanti par l’Etat de 224,5 millions d’euros, mais celui-ci doit être remboursé par une ponction sur… les droits TV. Si ceux-ci devaient être réévalués à la baisse, beaucoup de clubs ne pourraient pas faire face à des dépenses sur lesquelles ils n’ont aucune marge de manoeuvre, comme les salaires des joueurs. Certains pourraient même se trouver sous la menace d’une faillite, payant leur (trop) grande dépendance aux droits TV, tandis que les recettes de billetterie sont au plus bas.

Si la situation ne se débloque pas, deux options sont possibles. La première, pour la Ligue, consisterait à renégocier le montant des droits comme le demande Mediapro. Avec quelques problèmes qui en conséquence ; baisse des droits TV, recours des autres diffuseurs, procès etc.. : La deuxième option consiste à réclamer l’argent dû à Mediapro. Pour accorder les droits au groupe espagnol, la LFP n’avait pas exigé de garantie bancaire, ( ce qui était exigé par la LFP italienne, qui a fait capoter le deal avec Mediapro l’année dernière ) mais s’était contentée d’une caution solidaire de son actionnaire. C’est donc vers le fonds chinois Orient Hontai Capital que devrait se tourner la ligue, sans avoir l’assurance que cette démarche aboutisse.

La pire solution est la négociation de gré à gré, c’est-à-dire d’attribuer chaque journée (voire chaque match) à un diffuseur pour éviter un « black-out » de la Ligue 1. Canal Plus et BeIN Sports, qui sont les plus susceptibles d’assumer ce rôle, se retrouveraient alors en position de force dans les négociations. On peut donc supposer que le montant final des droits sera largement inférieur à l’actuel.

Les conséquences pour le FC Metz ?

Revenons d’abords sur les lourds investissements récents du club. Le FC Metz, a investi 32 millions d’euros sur son nouveau centre d’entraînement situé sur l’ancienne base aérienne de Frescaty. un investissement déja important. Le plus gros investissement concerne le projet de rénovation de Saint-Symphorien estimée à 60 millions d’euros. Au niveau du plan de financement, le club en prend un peu plus de 75 % à sa charge (45,5 millions d’euros), les trois collectivités partenaires le reste.

Au delà de ces investissements qui sont entérinés, a voir si des tranches additionnelles peuvent être annulés ou réduite, ces projets se feront, le FC Metz est donc dans une situation qui ne pouvait être anticipés lors de la signature des travaux.

Une chose est sur, la vente de Habib Diallo, rapide et mal négociée peut expliquer ce besoin de liquidités pour assurer l’avenir proche du club. On peut donc avancer, que le club ne reverra pas ses investissements sportif à la hausse si la crise sanitaire continue pour la saison 2021-2022. Il est même prévu que les ventes de certains joueurs cadres qui ont une belle valeur marchande soit effectuées pendant l’été 2021, on parle de Centonze, Maiga, voir même Niane s’il continue a enfiler les buts comme des perles.

Mais qui pour les acheter ? et donc réduire la masse salariale du club , nous sommes qu’à l’aube d’une crise financière dans le monde du football européen, seul les grands clubs s’en sortiront via la Super Ligue européenne prévue pour 2024. Qui des petits clubs dans les championnats domestiques ? Qui devront vivre avec moins de droits TV, moins de contrats de sponsorings, moins de recettes de matchs comme les gros clubs nationaux ne seront plus à l’affiche…. beaucoup de questions sans réponses. Juste pour information les gros clubs européens sont à leur 3ème réunion concernant cette Super Ligue de 2024. La fin du football que nous connaissons est proche et bienvenue dans une « NBAisation » du Football.

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