Alors que Médiapro semble en grandes difficultés, la perte des droits TV pourrait avoir des conséquences dramatiques pour le sport amateur.

C’est le nouveau feuilleton de la Ligue 1, le bras de fer entre la LFP et MediaPro. Le groupe audiovisuel espagnol a en effet annoncé qu’il ne verserait pas les 172 millions d’euros prévus le 6 octobre, allant même jusqu’à demander une renégociation des droits TV de la Ligue 1 et de la Ligue 2 dont il détient 80% pour un montant de 814 millions par an. Une démarche culottée, qui a valu une mise en demeure de la LFP pour le non versement de ces millions par MediaPro.

Dans son interview, le patron de l’entreprise, James Roures, estime que ce montant doit être réévalué à l’aune de la crise liée au Covid-19 et on ne peut pas lui donner tord sur les faits.

« Le contrat a été établi dans des conditions qui n’ont rien à voir avec la situation actuelle, la publicité qui s’est effondrée, un business affecté par le Covid et une situation « tiède » en matière d’abonnés. Il rajoute que « Si l’appel d’offres avait lieu aujourd’hui, les réponses ne seraient pas les mêmes « 

Si les conséquence d’une faillite de MédiaPro aurait de lourdes conséquences sur les clubs professionnels, dont les droits TV représentent en moyenne 55% de leurs budgets… voire beaucoup plus pour certains ! Mais cette chute de l’opérateur audiovisuel aurait aussi des conséquences importantes sur la Fédération Française de Football et le sport amateur dans son ensemble.

 » MédiaPro c’est 40,7 millions d’euros payés au titre de la taxe Buffet mais aussi 20,35 millions d’euros reversés à la FFF au titre de la solidarité pour le football amateur, explique Pierre Rondeau, économiste du sport. Il faut aussi savoir que l’UNFP bénéficie de 10 millions d’euros sur les droits TV pour financer les aides et le pécule de fin de carrière pour les footballeurs au chômage ou semi-professionnels. Si les droits TV baissent, c’est tout ça à court terme qui pourrait disparaître. « 

Une perte de plusieurs millions d’euros

Il existe d’autres solutions et la plus probable reste la remise en concurrence des droits TV.  En cas de faillite de MédiapPro, il est évident que Canal + et beIN vont faire une offre pour reprendre les droits TV du foot pro mais le montant ne sera pas du tout le même.

Le sport amateur dans son ensemble risque d’en pâtir avec une renégociation à la baisse.  Le Projet de loi des finances 2021 prévoit un déplafonnement de la taxe Buffet qui va permettre d’allouer 24 millions d’euros supplémentaires à l’Agence Nationale du Sport (ANS). Mais si les droits TV baissent, la taxe Buffet va baisser et elle ne sera pas compensée par les aides d’État. 

Pour le football amateur, ce serait donc plusieurs millions d’euros qui s’envoleraient. Ce qui impacterait forcément les finances de la Fédération Française de Football puisque la convention avec la LFP prévoit 2,5% des droits TV au titre de la solidarité entre le football professionnel et amateur.

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